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Passerelles numériques

En Asie du Sud-Est, les filières de formation aux nouvelles technologies font défaut alors même que les entreprises manquent de main-d'œuvre qualifiée. La Fondation Accenture et l'association Enfants du Mékong ont uni leurs forces pour créer Passerelles Numériques, une ONG fédérant des centres de formation au Cambodge et dans les pays voisins. Le premier a été créé en 2005 à Phnom Penh. Les consultants d'Accenture s'y relaient pour apporter aux étudiants savoir-faire et compétences.

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Carnet de voyage au Cambodge

Frédérique Hagège-Ubaldi, déléguée générale, Fondation Accenture


A la rencontre des Deva….

Après avoir survolé Bangkok, réplique de Manhattan au milieu des rizières, je suis arrivée au Cambodge par le Nord , en traversant un voile de pluie sous les couleurs de l’arc en ciel. Siem Rep est une petite ville touristique qui prend des airs de Riviera quand la nuit tombe. Dans la journée, Siem Rep est la porte d’entrée de l’antique royaume d’Angkor où les demeures des Dieux se dressent au milieu d’une nature envahissante et troublante. A l’entrée des temples des enfants très jeunes , pieds nus vous assaillent pour vous vendre un bracelet, un recueil de cartes postales, un éventail….ou l’article le plus prisé en cette période de mousson, l’imperméable avec capuchon, sorte de long préservatif mauve, jaune ou rose , qui a l’avantage d’épouser toutes les formes et toutes les tailles !
Guidés par un vieil instituteur , véritable mémoire vivante du Cambodge, nous avons appris la sagesse des anciens , les principes du Bouddhisme et de l’Hindouisme, le combat des démons et des Deva.
Or rien ne m’a paru plus moderne que ce combat à mon arrivée à Phnom Penh….combat pour manger, combat pour circuler, combat pour exister, combat pour apprendre.
Dans cette chaleur lourde et humide , les trajets en touk touk deviennent de vrais moments de bonheur, quand le vent fouette le visage et rafraichit la nuque. On en oublierait presque les milliers de véhicules à 2, 3 ou 4 roues qui surgissent de tous côtés, sans prévenir sur des routes plus ou moins poussiéreuses…
Au bout d’une impasse qui m’a semblée plus gaie, plus propre et plus jolie que les autres rues de Phnom Penh, se dresse le bâtiment blanc du CIST , petit paradis de calme et de sérénité. La cloche sonne, le petit réfectoire ouvre ses portes , les étudiantes et les étudiants sortent des classes , rient et bavardent comme dans tous les établissements scolaires du monde entier. Mais nous ne sommes pas dans le reste du monde et le matin de ce même jour , à quelques embardées de touk touk , de très petits enfants se sont levés pour aller ramasser des sacs de plastique blancs sur la décharge de Phnom Penh : drôle de notion du recyclage….
Le CIST , j’en connaissais les images, les couleurs sur papier glacé, les valeurs défendues par ses dirigeants mais j’en ai compris la raison d’être en foulant le sol du Cambodge.
Une histoire tronquée , des milliers d’enfants et d’adolescents sans repères , une énergie débordante à canaliser, des vies à soutenir de la décharge à l’école, de l’école à l’emploi.
Si je ne devais garder qu’une image de mon séjour à Phom Penh, ce serait un sourire : le sourire de Bouddha, le sourire des enfants à qui on apporte un petit dejeuner au pied de la décharge, le sourire de nos étudiants au CIST, si doux mais remplis de tant de force.


 

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